vendredi, décembre 09, 2005

Fragments

Je suis ici, sans conscience d'y être venu,
Tiré de ma pensée par la lueur d'un cri vide.

Le soleil froid a disparu au matin,
Laissant au paysage un jour déclinant.
Une haie de cèdres se noie à mes côtés
Et répand de l'encre dans une lutte désespérée.

J'avance d'un pas.

(Écrit il y a deux mois, mais jamais achevé. La nuit qui précède Samhain.)

samedi, novembre 19, 2005

(Novembre)

Mon oeil, ce matin, s'est désaturé vide.
Et ma voix s'est interrompue, un instant, dans un étroit passsage où ce n'est plus l'occasion d'étouffer.
Quel délice de se retrouver!

dimanche, octobre 23, 2005

(Vide)

Je me tairai, puisqu'il est temps de vivre.

samedi, octobre 15, 2005

Surnaturelle

Et soudainement, la nuit était tombée. Je me levai, surpris, et regardai par la fenêtre. J'y vis une femme nue en robe rouge marcher sous la pluie. Le ciel s'effondrait. Elle marchait pourtant lentement, les yeux égarés, inconsciente du vide devant elle, la main devant, se contentant d'illuminer simplement la nuit de son aura apaisé.

samedi, octobre 08, 2005

Poésies arythmiques

Je me lève au matin sous un soleil pâle et malade
Anxieux de fouler cette terre aux temps reniés
La sève blanche ruisselle déjà sur les feuilles fanées
Que je me glisse dans la nuit et m'éveille à l'obscure éclosion

jeudi, octobre 06, 2005

Au jour

Nous nous sommes levés au jour sombre, là où temps commence à s'effriter...

Le ciel s'est couvert pour de bon; on cherche à nous le dérober... On voit partout cette toile blanche et ces rouages et ces poulies se glisser sous nos yeux, un décor pour mieux nous berner, un masque érigé pour nous cacher l'éclat derrière...

Au loin, des feuilles jaunes brillent dans la lumière absente.

Tout est faux, je n'ai pas besoin de le dire, et pourtant je me le répète sans cesse à voix basse. Mais voilà, j'aperçois les arbres maintenant; curieusement, ceux-ci n'ont pas changé, ils projettent toujours leur ombre, ne se souciant guère de ce manque apparent de lumière. Ils étendent leurs bras frissonnants et créent volontiers leur nuit artificielle dans la brume des journées claires.

... Toutes ces heures passées à rôder, jusqu'à ce que se lève le soleil d'automne. Je puis enfin me reposer loin du rêve et des visions éphémères.

mercredi, octobre 05, 2005

Expiré d'éternité

Je suis me assis au détour d'une journée dissimulée...

.. et je me suis perdu, des heures durant, à me noyer d'une feuille en suspend, aveuglé par le silence d'une vie qui naissait de ma mort imminente - tous mes questionnements sont tombés à l'oubli.

Je laissai au vent les bribes de ces pensées solides et nécrosées; je repliai ma main hésitante et me retournai retrouver la eiv, enfin, laissant là la feuille, là où elle fruit.