Nous nous sommes levés au jour sombre, là où temps commence à s'effriter...
Le ciel s'est couvert pour de bon; on cherche à nous le dérober... On voit partout cette toile blanche et ces rouages et ces poulies se glisser sous nos yeux, un décor pour mieux nous berner, un masque érigé pour nous cacher l'éclat derrière...
Au loin, des feuilles jaunes brillent dans la lumière absente.
Tout est faux, je n'ai pas besoin de le dire, et pourtant je me le répète sans cesse à voix basse. Mais voilà, j'aperçois les arbres maintenant; curieusement, ceux-ci n'ont pas changé, ils projettent toujours leur ombre, ne se souciant guère de ce manque apparent de lumière. Ils étendent leurs bras frissonnants et créent volontiers leur nuit artificielle dans la brume des journées claires.
... Toutes ces heures passées à rôder, jusqu'à ce que se lève le soleil d'automne. Je puis enfin me reposer loin du rêve et des visions éphémères.